09 juillet 2012

Internet, c'est comme la vraie vie. 90 % moins cher.

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Il y a pas si longtemps que cela, j'ai pris ma souris pour aller découvrir ce que les soldes proposaient sur le net. Pourquoi mobiliser sa carcasse pour des -30 % en boutique "physique", alors que l'on peut dégoter du -90 % dès les premiers jours de mêlée ?

Parcourant les différents sites, tous parés de multiples bandeaux et couleurs flashy, j'ai pu remarquer un truc, qui fait foncièrement peur, et qui préfigure de ce que sera le futur de la consommation.

En effet, ne vous est-il jamais arrivé, en surfant sur le web, de remarquer, que ce soit dans Google ou même un autre site, des publicités reliées à vos recherches, à vos différents achats ? C'est quelque chose d'invisible pour qui ne fait pas attention, pourtant j'en ai eu l'exemple flagrant il y a quelques jours encore.

Je farfouille dans un site indécent proposant des bonbons vendus au kilo, dans des emballages destinés aux professionnels. Les prix sont honteusement bas, ce qui fait réfléchir sur les marges que se permet la grande distribution. Evidemment, je pense au dos de mon facteur ou de ma factrice, et change vite de rayon. Je suis dorénavant dans le rayon "épicerie salée". On me propose des packs de plus d'une dizaine de tubes de chips aux différentes saveurs. Le genre de chose coûtant un bras en rayon "normal", est ici disponible pour pas grand chose.

Je me mets alors à repenser à l'aventure assez stupide qui s'était produite lors de ma dernière commande : un colis qui fait le tour de France avant de faire quelques allers-retours entre les différents points de stockage, pour finalement retourner vers le vendeur. J'hésite, je me dis que je ne vais pas attendre un mois, et encore être déçu par ce site français sur ses délais d'expédition foireux.

Mais je clique, disons "par inadvertance" sur le produit, puis "ajouter au panier". Dans la fenêtre qui s'affiche, outre le contenu de celui-ci, on me fait clignoter en tous sens des mots comme "vente à perte" ou "2ème démarque" et chose très surprenante : on m'indique d'une part ce que les autres internautes ont "envisagé" avant de prendre ce produit, puis ce que j'ai récemment ou régulièrement visité.

En gros, on te remet devant tes jolis noeuils ce sur quoi tu es passé en te disant "nan c'est trop sucré, et puis je vais jamais finir ces 2 kilos de biscuits tout seul, tant pis" pour te montrer que "allez, c'est une bonne affaire, mais euuuuh, sois gentil monsieur, j'ai besoin que tu le prennes".  Si tu n'as pas fait de crise d'épilepsie devant tout cet acharnement clignotant, c'est là que s'engage la deuxième réflexion. L'objet est de nouveau au centre des attentions, puis l'acheteur reclique dessus pour l'afficher. Et là c'est le cercle vicieux. Vous tombez sur plein d'autres propositions épileptiques quasi identiques, mais qui touchent d'autres produits, que vous avez pu voir il y a cinq minutes, comme il y a dix jours.

Je suis un grand fan de ces sites pourtant, j'ai l'impression de circuler dans des gigantesques "Wall mart", ces magasins hangar aux USA, où tu n'achètes qu'en gros. Le fait de cliquer sur une rubrique et de voir que tu économises 80 % sur le prix d'un frigo est aussi gratifiant, tu te dis que tu sais que tu vas pouvoir, dans ton installation future, éviter de vendre un de tes reins pour acheter à un prix entubatoire un appareil électroménager de grande surface.

Et ne serait-ce que pour le plaisir de la découverte, de voir des objets insolites, comme une horloge pixellisée comme si elle était sortie d'un jeu vidéo, des choses qui te donnent envie de changer ta déco. Comme feuilleter les pages d'un catalogue de meubles suédois.

Le seul souci est ici le fait que outre le fait que l'on t'incite à une débauche glucidique constante, on te conditionne, en refermant derrière toi discrètement avec le pied cette porte par laquelle tu étais rentré sans rien demander ni vouloir, et que tu pensais reprendre pour continuer ton exploration du net. On te montre de belles choses, on te conditionne à acheter, acheter, acheter.

C'est un peu comme si en arrivant dans la chambre d'un patient, je lui refaisais son pansement, et alors qu'il se recouche, je m'approche de lui en lui susurrant à l'oreille "Dis tu veux pas un laxatif, 54 patients avant toi ont recommandé cet article !". Ou qu'un médecin propose une amputation avant de se ramener avec des prothèses avec leur prix qui clignote en remontrant plusieurs fois au patient les modèles qu'il aurait refusé ou mis de côté. Tout cela avec des effets lumineux, des clignotements et des "offre spéciale" partout.

Ca marche aussi pour les mails, vous allez sur un site, disons, de la région Provence Alpes Côte d'Azur, pour préparer une sortie. Vous laissez votre mail sur un des sites visités, et vous pouvez êtes quasiment sûr ensuite, de recevoir des tonnes de mails non sollicités. Surtout si vous ne cochez pas la petite case "je ne veux pas recevoir d'informations des partenaires" ou un truc du genre.

Quand j'étais en stage de diabétologie, on donnait des réunions pour "éduquer" les patients, très souvent obèses, sur la manière de faire les courses alimentaires. Déjà y aller le ventre plein, pour éviter de se laisser tenter par les odeurs bien alléchantes, et surtout éviter les rayons piégeurs "où le caddie glisse tout seul et ne repart pas à vide" du genre viennoiseries, bonbons, gâteaux... Un de mes patients m'avait déjà signalé (il travaillait dans la communication), que quelques enseignes amenaient de manière inconsciente leurs clients à aller dans ces zones là, par divers moyens plus ou moins...légaux, autant le dire.

C'est vrai, qui n'a pas bavé des litres de salive devant le poulet du rôtisseur et ses 'tites patates rissolées au fond de la cuve avec tout le bon gras huileux, alors qu'il est 11 H 30 et que ton estomac semble s'en tenir à un comportement d'enfant capricieux qui se tiendrait à ta jambe en hurlant "J'en veuuuuuuuux". Entre deux gargouillements, le brave homme te voit et te dit "ah voilà un fin gourmet ! Avez-vous eu votre poulet ?" Autant avoir déjà mangé ! Même si, un poulet au goûter, ça se négocie ^^

Pour un dernier exemple, sur une grande chaîne nationale, une vendeuse avouait que les magasins mettaient souvent ensemble les nouvelles collections AVEC les soldes pour que les gens achètent plus : l'effet "coup de coeur" ou "coup de couteau dans le porte monnaie", bien connu de tous, qui fait encore un peu plus grimper l'addition. Tout est dans la suggestion, l'approche, le choix des couleurs. Un peu comme devant les taureaux. Ne jamais arriver en gesticulant comme un danseur, toujours privilégier les mouvements lents, mettre la personne en confiance et bim !

C'est pour ça que rien ne remplacera jamais les soldes en magasin "physique". Parce que tu n'es pas suivi par un type invisible qui note dans un carnet lui aussi invisible tes goûts tes choix, tes avis, tes critiques, et ta fréquence de visite du site. Un type habillé tout de noir dont tu acceptes la présence de manière gênée, mais qui pourtant pourra un jour crier sur les toits, d'un simple visu sur des listings informatiques, que oui, tu aimes le chocolat au lait, que tu es fan de Chuck Norris et Steven Seagal, et que tu adores regarder Tchoupi le lapin et midi les zouzous, et que tu souhaites être averti dès que le nouveau slip Batman sera disponible (c'est pas moi, hein !). C'est ça internet. Et en plus on veut nous ficher, en dehors de tout cela, avec Hadopi et consorts ? Mais allez-vous en ! Vous n'aurez pas ma liberté de me gaver de nounours en guimauve au chocolat et de fraises Tagada !  

Posté par spouky à 19:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Internet, c'est comme la vraie vie. 90 % moins cher.

    oui c'est sur, vaut mieux y aller sur place, car avec leur réduction on nous pousse à la consommation , et donc ce n'est pas étonnant qu'il fasse de si belles réduction. et puis pour ma part, je fais les soldes si j'ai besoin de quelque chose sinon je n'y vais pas. on va tout de même pas se laisser avoir non mais.

    Posté par futur-infirmière, 09 juillet 2012 à 22:37 | | Répondre
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