The big bang theory, ou comment bien commencer vos vacances.
Il y a depuis quelques années, un mot qui s'est installé sur toutes les lèvres : crise. Bien évidemment, ce mot n'a pas oublié d'inviter ses copains, malheur, tristesse, et toute la bande. Certains en viennent à des extrémités inimaginables autrefois, comme se suicider en plein verdict de leur procès en ingérant une pilule de poison (USA 30/6/12), ou en fusillant toute leur famille avant de retourner l'arme contre eux.
Aujourd'hui pour plusieurs millions de français, c'est le début des vacances d'été. L'occasion de dépenser sans compter, de perdre un bras et sa carte bleue dans les soldes, de se faire brûler au troisième degré par le soleil et d'attraper des troubles digestifs en mangeant trop de melon, le tout durant un retard de train de 12 heures après une panne de caténaire. Plus important, c'est aussi le moment où vous allez, malgré la crise, prendre votre voiture pour faire des centaines de kilomètres vers des lieux de vacances, ou prendre pour cela l'avion. Il faut aussi compter sur un probable déménagement, une probable installation, des frais annexes, une rentrée qui arrive dans deux mois... De quoi se demander si on ne peut pas être tranquille plus de deux minutes. Pas de soucis, j'ai la solution.
Prenez le temps de vous détendre, en vous regardant une bonne petite série, pour rire un peu et oublier les journaux d'info bien friands de catastrophes et de famines. Je vous en conseille une aujourd'hui, The Big Bang Theory.
Cette série, qui en est déjà à sa cinquième saison, suit la route de deux scientifiques américains fictifs, vivant à Pasadena en Californie. Il y a la "star" du show : Sheldon Cooper, un génie de la physique théorique, possédant une mémoire eidétique, il peut par exemple se rappeler de n'importe quelle chose sans aucun souci. Il a beau avoir un QI si élevé qu'il faudrait qu'il perde 30 points pour devenir "intelligent", il souffre d'une personnalité asociale, frappé du syndrome d'asperger, et ne supporte pas que l'on s'assoie à sa place sur le canapé (je vous laisse regarder la série pour savoir pourquoi), et commande toujours la même nourriture dans le même restaurant. En outre, il a un planning bien précis pour toute chose dans sa vie. Que ce soit pour regarder Docteur Who ou pour l'utilisation des toilettes.
Pour tenter de contenir cet esprit si génial, il y a son colocataire, Leonard Hofstader, qui lui est plutôt versé dans la physique expérimentale, et qui a un mal de chien à vivre son existence, assez normalisée, tous les jours, à cause des excentricités de son ami.
Pour ne pas arranger les choses, ils feront dès le début de la série connaissance avec Penny, leur voisine d'en face, une serveuse dans ce qui va devenir un de leurs lieux favoris, le cheescake factory. Incarnée par la sublime Kaley Cuoco, elle sera "la sauveuse" de Leonard en devenant sa copine, et en dégommant au passage les obstacles l'empêchant de vivre une vie épanouie. Plutôt fêtarde, bordélique et aimant la bibine et se rogner les ongles des pieds sur le canapé, elle s'amusera d'ailleurs à choquer Sheldon, dont l'esprit rigoriste lui mènera la vie dure à de nombreuses reprises.
Et pour parachever l'ensemble, on peut aussi citer les deux derniers trublions principaux de la bande, Rajesh Koothrappali, astrophysicien indien, et Howard Wolowitz, ingénieur en aérospatiale. Alors que Rajesh ne peut pas prononcer un mot en présence d'une fille sans être bourré, Howard est quant à lui un séducteur looser comme pas permis, qui aurait pourtant fait fureur dans les années 70 avec ses tenues criardes et ses sous pulls à cols roulés. Il est d'ailleurs moqué par Sheldon et la bande, car c'est le seul à ne pas avoir de doctorat. Sheldon s'amusera par exemple à lui dire qu'il peut arrêter de suivre la conversation en cours, car il ne risque pas de la comprendre.
Puis, après dans la série, on fera la rencontre de Bernadette Maryann Rostenkowski, une petite blondinette au caractère bien trempé et à la voix très aigüe, qui prendra une part importante dans la vie d'Howard, et Amy Farah Fowler, sorte de Sheldon au féminin, qui rejoindra le cast de la série comme relation sociale s'approchant le plus d'une relation intime pour Sheldon.
Sheldon et ses amis se retrouvent au boulot, principalement pour créer des situations hilarantes sur leurs travaux (vous apprendrez plein de choses, qu'est-ce qu'un muon, qu'est-ce que la théorie des cordes....) mais aussi chez eux, pour se faire des soirées chinois, pizza, ou indien, et jouer aux jeux vidéos. Car oui, c'est une sacrée bande de geeks, et pas des moindres. Il y a dans la série énormément de références à Facebook, Twitter, Star Wars, Star Trek, Babylon 5, Firefly...
Tout cela donne un cocktail extrêmement détonnant. Je n'avais pour le moment entendu parler de ce show que par quelques forums. Etant à l'époque plus fan de séries US comme Supernatural, Fringe, How I met your mother, Flashforward... je n'ai commencé à la regarder que quand une collègue m'en a parlé. Et effectivement, c'est aussi addictif qu'un paquet de Tagada.
Tout le sel de ce clan se fait autour de la très sérieuse et dérangeante intelligence de Sheldon, et sa naïveté perpétuelle. Son comportement sans gêne (il n'hésite pas à dire ce qu'il pense, comme demander aux gens chez lui de partir, ou ne supporte pas que l'on touche au thermostat de la maison), additionné à une volonté de mettre une connaissance sur toute discussion (un toast, l'invention de la physique, la télévision, les oiseaux...) fera de lui le petit poil à gratter, mais aussi le joyau de cette série.
On peut plaindre par contre Penny, qui avec son style très naturel, à l'aise socialement, qui se fera dénigrer "car elle n'est que serveuse" par Sheldon, qui tentera de lui expliquer mille et une fois comment marchent les filles, la vie, le monde réel. Elle prendra néanmoins part à leur vie de geek très souvent, même si souvent, ses ex petits copains, tous évidemment à l'opposé des geeks freluquets et timides, viendront les empêcher de vivre normalement.
Ce qu'il y a de très intéressant également dans la série, c'est que les rôles principaux ont tous une place à part, mais tout aussi intégrée que les autres dans le groupe. Rajesh est très timide mais sera très relié à Howard, qui lui permettra de communiquer avec Penny par exemple.
Et il y a aussi une pléiade de rôles secondaires, comme la mère d'Howard, chez qui il vit depuis 28 ans, et qui est apparemment obèse, et soumise à de nombreux problèmes de santé. On ne la voit jamais et elle ne s'exprime qu'en hurlant, et son fils ne lui répond que de la même manière. Elle est extrêmement maternante et infantilise sans cesse son "petit". Quand Sheldon ou quelqu'un d'autre vient le voir, elle lui hurle "Est-ce que tes copains vont rester dormir ?" ou "Est-ce que tu as fait tes devoirs pour demain ?" Quand il lui hurle que c'est un ingénieur, elle s'excuse toujours en lui lançant un laconique "Oh ! Pardon, monsieur le grand garçon !" des plus amusants.
Il y a aussi la mère de Sheldon, texane d'origine, d'où sa croyance incommensurable en Dieu, avec les fusils et le racisme qui va avec son caractère du coin le plus incestueux d'Amérique. Elle est la seule, avec son caractère psychorigide et sa manipulation très efficace du comportement des hommes, à pouvoir le raisonner quand il atteint des niveaux de crise trop important.
La mère de Léonard quant à elle, est psychiatre, et est franchement opposée à tout signe relationnel ou affectif trop appuyé. Même son fils la vouvoie. Elle est d'ailleurs plus communicante avec Sheldon qu'avec lui, et ce n'est que Penny qui arrivera à la décoincer en la saoulant avec des shots d'alcool.
Il y aurait tant et tant à dire sur cette série qui pourrait dérider un Sharpei (ces chiens tout ridés). Le meilleur moyen de découvrir ce nouveau petit bijou de série, américain bien sûr, continuons à patauger avec Plus belle la vie de notre côté), est de la regarder. En version originale sous titrée, si possible, si vous ne voulez pas une nouvelle fois subir les affres d'une traduction à l'emporte pièce et d'un doublage bien peu efficace sur l'intonation, les voix et le fun dégagé par les dialogues. Je vous laisse, ça m'a donné envie de regarder un épisode. Have fun !















