On s'en contentera...
Avant hier, je tremblais d'un curieux mélange de sentiments en sortant du rendez-vous pédagogique, hier j'apprenais que Dr House s'arrêteraît l'année prochaine, au terme d'une saison 8 raccourcie. Aujourd'hui, la chaleur, l'étuve qu'est l'amphi ainsi que les cours m'ont achevé.
Avant hier donc, curieux mélange, entre désespoir, colère, honte et abandon. Secouez, cul sec, ça donne un étudiant infirmier qui sur le chemin du retour a les jambes qui flagellent et qui commence à sentir ses yeux rougir.
Le rapport de stage ne correspond pas aux attentes pédagogiques de l'IFSI, chacune de ces périodes est sanctionnée par une évaluation des compétences de l'étudiant, dans un outil appelé Portfolio. Ce gros classeur bleu encombrant et peu compréhensible sanctionne souvent les étudiants par ses démominations d'objectifs sciemment généralistes et beaucoup trop ouvertes. Sans compter les stages où tout sera "à améliorer" car pas encore en troisième année par exemple. Tous mes stages se sont très bien passés jusqu'à maintenant, jusqu'à celui-ci, qui à cause d'un mélange de "conjectures défavorables" (histoire de tout prendre sur moi), s'est révélé pour le moins désastreux sur le plan image de l'étudiant motivé que j'aime à avoir.
C'est sûr qu'il y a une "facilité déconcertante" à travailler sans aucun souci quand on vient de perdre un parent, surtout quand on est un tantinet réservé et sensible. Certain(e)s, ravi(e)s de se retrouver en position de supériorité, se régalent. Mais pas de long récit ici, ces faits pourraient m'être ensuite reprochés. Pourtant, ce stage a été très enrichissant, mais pas que sur des bons points.
Je devrais avoir validé plusieurs compétences (marquées d'une croix bleue foncée dans notre outil) pour pouvoir passer dans l'année supérieure, en validant le stage. Ce qui m'entraîne à une évaluation par la CAC, la Commission d'Attribution des Crédits, qui décide si le stage (et les résultats de partiels) sont validés ou non.
Ces inconnus (ils ne me connaissent pas, idem pour ma part) vont donc statuer sur notre promotion, avec la possibilité de demander aux élèves "justes" en validation de croix bleues, de refaire un stage cet été. Je ne suis absolument pas le seul dans ce cas là, certains s'en sont rendus compte. Ou je peux très bien passer "avec réserves" et alors, avoir une étiquette de passage bien lourde à porter, le prochain semestre étant alors déterminant. Que dire si le stage d'été ou le prochain se passe dans un service "aux hautes exigences", où tout le monde se vante de n'avoir jamais mis "acquis" nul part ?
Plus étrange, une collègue parisienne, n'a pas eu à valider ses compétences, elle peut passer sans aucun problème en 3e année (si ses résultats écrits sont satisfaisants). Une autre étudiante, provençale, m'informe quant à elle avoir redoublé sa première année pour sa compétence 3, qui a été une fois validée complétement, une autre fois acquise à 75 %...
Tout cela m'a permis de retrouver le goût d'une nuit blanche où je n'ai pas cessé de m'imaginer la déchéance que je devais représenter quant à cette image donnée de moi par ce papier, ces petites croix qui en fait sont très discriminatoires, avant on avait directement les pensées du tuteur ou de la tutrice, et pas un amalgamme de cases remplies sans l'étudiant, en groupe (généralement avec les éléments les plus pressés de faire mumuse avec l'objet).
Je suis conscient d'avoir fait quelques erreurs durant ce stage, mais elles ont été reconnues, argumentées, explicitées et totalement comprises. Leur déformation n'aurait que peu de crédit, les cacher dans l'ombre non plus. Certains se pointent bourrés en stage (je ne parle pas de l'IFSI Pellegrin ni de ce stage en particulier), et se ramènent des 17 avec "très bonne technicité". J'arrive en stage en étant déprimé +++ et je repars avec un "étudiant motivé". Super cadeau. Mais je vais me reprendre, ne plus me mêler des querelles de couloir et inter-équipes, valider de la plus belle des manières avec un sourire de contrebande le prochain stage, et enfin peut-être pouvoir baigner dans mon peut-être futur domaine professionnel. Patience, ça arrivera.
En attendant ce jour, l'amphi nous accueille de nouveau, avec l'appui de températures du sud ouest, des qui piquent, avec une belle lourdeur atmosphérique. C'est encore supportable à l'extérieur, un peu moins dans mon appartement, où des tomates pousseraient en quelques jours, vu l'ambiance de serre qui y règne. Dans l'amphi on passe directement à l'ambiance hammam, avec un brin d'air salvateur venant parfois taquiner nos cheveux foufous, provenant de portes trop souvent fermées. Ajoutez à cela une arrivée massive de cours et de polycopiés qui vont de plus en plus ressembler à des ronéo de médecine, et vous comprendrez que l'ambiance devient très chaleureuse.
Demain, c'est jour de manifestation, pour célébrer la "journée de l'infirmière". Même si le lieu de la manifestation à été révélé bien trop tôt (on peut craindre une présence de policiers en armure complète et gaz lacrymo, pour se défendre contre quelques centaines de personnes n'ayant aucune intention belliqueuse). Le but ? Une meilleure gestion de la réforme, pour que les briques apparentes de ce nouveau programme soient recouvertes de crépi, que la piscine dans le jardin soit enfin terminée, et que cesse enfin la guerre des clochers programmée avant une élection présidentielle "forcément" propice à mettre tout le monde en carafe. Je vous invite à consulter le site de la FNESI pour plus de détails (http://www.fnesi.org/).
En attendant que l'été arrive avec ses sandalettes en plastique qui couinent, ses tartines de révisions entre la salade et les grillades, et cette envie de bronzer plutôt que de parler de processus dégénératifs, continuons à être nous-même.
"On se fiche de ce que pensent les autres, il faut regarder au fond de son coeur, et faire ce que l'on aime" Scrubs, Saison 8.
C'est mon métier, je l'aime, what else ?











