Le temps de la réflexion
En vacances, on a souvent le temps de (trop) se reposer, flâner. De prendre justement ce temps si indisponible les autres jours pour soi, pour être bien. Manque de bol, pour certains c'est aussi le cas de continuer leur vie comme avant.
Les critiques, les longues et astucieuses techniques d'usure, les fardeaux, et ce besoin morbide, maladif, de ressasser, ressasser, ce qui pourtant fait très mal...
Je ne suis pas par définition quelqu'un avec qui on peut vivre, ou même se projeter dans le futur. J'ai d'ailleurs fait une drastique sélection sur les points les plus importants du futur. J'ai écarté toute possibilité de rencontre amoureuse, de descendance, de travail heureux. J'aime mon travail, mais ma méthode n'est souvent pas compatible avec les autres praticiens, qui me le font savoir, subir, ou amplifient des défauts inhérents à mon statut. Alors on reste dans le moule, à tenter de rester soi-même. Mon éducation a toujours paru excentrique vis à vis d'autrui. Cependant je suis heureux de l'avoir reçue. Quand on voit l'aberration qu'est devenue l'éducation, et le comportement de certain(e)s, je ne peux qu'en être fier.
Ma petite routine remplie de procrastination, de cyclothymie, de légers TOCS, de troubles de l'élocution liés à une incommensurable envie de ne pas me faire remarquer et à un déficit anatomique, me convient. Elle n'est pas comparable à celle des autres, mais c'est la mienne.
Ne me reste que l'écriture, dans laquelle je peux me noyer sans crainte d'être jugé, et si c'était d'aventure le cas cela aurait beaucoup moins d'impact. Reste que l'imagination ne peut être portée que sur papier, elle ne marche pas contre le réel, c'est une grande ineptie. Je m'acharne à écrire des dizaines de pages par semaines, toutes aussi fourmillantes d'histoires, mais qui resteront à n'en pas douter inconnues de la plupart des gens.
Que dire des gens qui le matin se lèvent deux heures plus tard que vous, bossent de manière plus confortable, dans un boulot pouvant leur plaire, qui vous jugent ? Rien. Laissons le silence les noyer, n'apportons point de crédit en s'inquiètant de leur ignominie. Laissons leur les petites critiques de placard, celles qu'ils utilisent au quotidien. Qu'ils ne se plaignent pas après de s'être faits sauter dessus par quatre personnes pour une remarque mal placée.
Si effectivement comme on me l'a dit je ne suis bon à rien, vous, qui m'avez dit ça, êtes-vous bon à quelque chose, du haut de votre tour de surpuissance ? Qui êtes vous pour ainsi troubler la vie des autres et les emmerder constamment ? N'avez vous pas assez de facilités apportées par votre faible intelligence et votre train de vie complètement anarchique ? N'êtes vous pas fatigué de vous sentir supérieur en vous plaçant tel un charognard affamé par dessus la steppe où grouillent les autres ?
Je serais bon à quelque chose au moins, affirmer par a+b (je n'ai jamais été bon en maths) que peu importe les écueils, la masse de travail ou autre facteur, je ferais ce qu'il me plaît de faire, dans les règles évidemment. Parce que je veux rendre fiers ceux qui m'entourent, si peu nombreux soient ils. Et emmerder les autres, si nombreux soient ils.
La mort de ma mère m'a ouvert les yeux, juste avant le stage, sur ce qui peut rapidement manquer dans une vie. Une présence, un soutien. Je l'ai ressenti à un point tel que le stage a été une aberration tant sur le plan théorique que pratique (à cause de moi). Il me reste de la famille mais la brutalité de la situation a été impressionnante.
Il ne reste plus qu'à continuer, et à vous remercier tous et toutes, vous qui prenez le temps de me lire, même si l'on ne se connaît pas (pour la plupart), un grand merci.














