L'IFSI, saison 2
Ca y est, le réveil sonne beaucoup trop tôt. Il fait nuit dehors. Fait froid. J'ai pas envie de me lever. D'où l'utilité de mettre son portable très loin de son lit pour être obligé de se lever pour couper le réveil. Mais pourtant, une indescriptible joie devrait nous envahir, nous devrions avoir les yeux plein d'étoiles, le sac sur le dos, tous réjouis à l'idée de recommencer une année ! Ah, ben le second effet Kiss Cool doit être là alors.
Surtout que nous voulions sortir de notre léthargie vacancière en nous racontant nos petites aventures estivales. Que nenni ! Les vils formateurs nous enchaînent à nos bureaux de force, nous faisant plancher sur des projets de soin, n'hésitant pas à nous fouetter en cas de mauvaise réponse ! Non, je plaisante.
On a bien essayé de raviver cette flamme devenue flammèche, en nous faisant l'appel en amphi, chacun devant se lever et répondre "présent mon général" à l'écoute de son nom. Certaines ont redoublé, d'autres ont reporté leurs études, d'autres ont abandonné, certaines ont "quitté" l'aventure IFSI. Toujours est-il que la petite flammèche n'a pas duré très longtemps. On en a des trucs à faire, oulalala, oui, plus que de coutume ! Surtout des TD. Et beaucoup de travaux de groupe. De quoi faire peur à pas mal de monde, et de quoi faire souffler et lever les yeux aux ciel à ceux qui pensent que faire du théâtre ne prépare pas convenablement à l'exercice professionnel. Attendez les gars (et les filles), on va poser des transfu, ça vous plaît pas ça ? Ouais, alors vite fait.
Tout le monde lèche la feuille des stages, se rêvant en poste pour deux fois cinq semaines. D'autres maugréent, "putain cinq semaines à la poste" ; "ah mais y a grève des bus et des trams lundi...". Certains comme moi n'auront pas de cadres dans le service, pour cause de vacances. D'autres pensent déjà au stage de 10 semaines du quatrième semestre, peut-être en gériatrie à nouveau ? (LOL)
Mais la joie est revenue dans nos petits coeurs (ou pas) quant les peoples de première année ont débarqué dans l'antre de l'IFSI. Plus angoissés et rogneurs d'ongles que sautillants et frétillants. Ils ont un bel emploi du temps dis donc. De la pharmaco, de la bio, de la pharmaco, encore de la pharmaco, un peu de bio, et d'autres trucs pour compléter les trous. Et pas de temps libre le mardi après midi et le jeudi matin, comme nous. Ils ont des bonnes semaines. Ils doivent payer le livret comprenant les textes de la profession infirmière, et ont apparemment des blouses comme les promotions passées. L'équipe pédagogique attribuée à la promotion semble très attachée à leur nouvelle tâche, ils corrigent tous les petits défauts qui avaient entaché notre premier semestre. Reste à voir si leurs étudiants n'auront pas la langue pendante et le petit drapeau blanc à bout de bras dans quelques semaines.
Ils viennent même voir notre tableau, regardent nos notes et nos stages, certains cherchent leur nom. On leur souhaite toute la réussite possible dans ce monde vachement impitoyable, et dangereusement cruel dans certains points. Mais à voir le sourire qu'ils arboraient pour la majorité, je pense qu'ils sont prêts.
Ne reste plus qu'à patienter quelques jours pour repartir gaiement en stage, et revenir en octobre, pour une journée, puis à la mi-novembre, pour se faire marcher dessus par les cours. M'en fous, j'y vais avec une envie peut-être diminuée et altérée, mais qui est quand même là. On a signé pour faire un métier, ingrat, salissant et parfois dur, mais toujours gratifiant. Et c'est pas maintenant qu'il faut reculer. Enfin, je crois.
Allez, les petits nouveaux, bonne chance et bon courage ! On a déblayé les gravats de la réforme avec nos petites mains ensanglantées, à vous de poser le carrelage qui va bien. Pour vous ce sera peut-être plus facile, mais nous aurons au moins la possibilité de dire "j'y étais".
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