Spouky

27 janvier 2012

Cure de sommeil post-partiels

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Je ne sais pas ce qui s'est passé durant ces derniers jours, mais les partiels m'ont permis de faire des nuits complètes de sommeil, tant j'étais vidé de toute énergie. Peut-être le stress intense qui était resté latent durant les épreuves ? Le rhume malicieux venu s'intercaler entre deux séances de révisions ?

On peut appeler ça des journées Iphone. Non pas que le petit appareil serve à remplir les QCM (il y a peut-être "une application pour ça" aussi), mais plutôt une journée débutant à 100 % d'énergie pour en quelques heures, nécessiter une recharge. Oui, je suis sur un téléphone Android et c'était totalement gratuit comme remarque, mais vraiment bien en terme d'illustration.

Le cerveau a besoin de beaucoup d'énergie pour ne pas se faire flouer dans les questions piégeuses posées par pelletées de douze dans les sujets. Le mien doit être particulièrement atrophié, pour se vider de toute capacité en quelques temps. Bon, on va quand même positiver, c'est la première fois en cinq sessions d'exams que je sors de la période d'épreuves sans serrer les fesses à m'en faire craquer la couture du jean. En même temps, les notes seront certainement surprenantes, tant le barême est nébuleux dans les évaluations. Je demande juste à éviter le 9.998/20, ou une autre facétie du genre. J'ai donné.

Le seul truc qui me déplaise, c'est le prochain parachutage en stage. Quelques semaines après avoir arpenté le dernier, nous revoilà repartis sur cinq semaines. Une collègue de la promo me faisait la réflexion très intéressante : "En voyant l'emploi du temps, vu que l'on a de toutes façons fini la partie théorique de la formation, autant aller compléter la partie pratique !" Mouais. Mais ça m'allait de ne plus me lever à 4 h 30, de pouvoir souffler un peu et de pouvoir manger équilibré et pas dans un bus allant vers l'hôpital. Un petit break aurait été profitable, comme les deux semaines de vacances dans quelques temps, avant le stage (FINAL, OUAIIIIIS) de dix semaines.

Mais ce stage sera tellement plaisant et surtout terrifiant (au cas où l'appréciation soit acide...)... Même si le discours "de crainte" d'accèder bientôt au diplôme est de plus en plus homogénéisé par l'expérience accumulée et les bons ressentis d'insertions professionnelles durant les stages, rien ne change : je le dis et le répète, cela se voit tous les jours : il y a des disparités entre étudiants, qui se sont creusées au fil des années. J'ai eu la "chance" d'avoir un bon parcours de stage (EHPAD, chirurgie viscérale, médecine interne et rhumatologie, psychiatrie, crèche, médecine physique et de réadaptation, diabétologie, prochainement neurologie puis certainement de la chirurgie en dernier, maxillo-faciale ou non), mais rien ne me dit que je vais être capable de bien tenir mon service. Il faut déjà que j'apprenne à déléguer, par exemple les toilettes excédentaires à mes capacités organisationnelles pour mes patients, que je continue à utiliser l'équipe pluridiciplinaire à bon escient...

En attendant de voir son nom sur la liste des catapultés dans les services, diplôme en poche, je vous encourage, si vous passez les concours prochainement, à vous blinder physiquement et psychologiquement. La première année est l'année d'insertion, la seconde celle de transition, la troisième celle de la libération. Mais avant il faudra penser au TFE, au rythme des stages, aux matières imposantes et tristes (cancéro, palliatif...), et surtout au diplôme, qui va vous juger sur ces trois ans. Vous inquiètez pas, si vous venez un jour dans un service ou travaille un ou une diplômée de 2012, vous serez certainement bien accueilli(e). Si comme nous, vous y mettez du vôtre. Un étudiant dans lequel on se retrouve et qui a envie d'avancer, c'est quelqu'un à qui on va avoir envie de transmettre notre grannnnd (lol) savoir. Un type avec les mains dans les poches quand le titulaire court dans le couloir avec ses poches de perf à changer, c'est dommageable, d'un point de vue collaboration, formation et même, humanisme.

On sera peut-être amené à se croiser à Pellegrin, à l'IMS j'entends, pour la formation de puériculteur, si jamais j'obtiens le concours. Sinon, ou si je change d'avis, vous aurez loisir de tomber sur moi ou un/une autre de mes collègues au CHU ou dans d'autres lieux de stage (il n'y en a jamais assez :). Et gardez espoir, dans quinze ans, la filière sera complètement bouchée, avec les soignants venant de l'étranger, les reconversions et les diplômés sortant de formation. Mais on sera toujours de plus en plus de petits vieux ou vieilles, à déambuler en service. Allez, on camoufle la fatigue, les soupirs et les plaintes. Le TFE, on arrive !

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23 janvier 2012

"Everyday i'm partielling"

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Les partiels...tels un grand embrun traversant les cerveaux, ces choses là sont idéales pour se ressourcer et terminer sur les genoux après quelques jours de longs doutes "Est-ce que je l'ai révisé ça ?" "Et si ca tombe sur ca ?"... Doté de notre solide formation d'infirmière polyvalente, nous partîmes alors vaincre ces abominations...

Oui, parce que pour apprendre les modifications épigénétiques du cancer, la biochimie de la cellule de manière bête et méchante, pas de problème, mais ces notions la doivent encore subir l'épreuve test de l'écrit.

C'est donc avec une absence de stress que je pars pour l'IFSI. Absence de stress, oui. Je sais pas, perdu en route, probablement. Je m'étais à moitié endormi la veille sur mon bouquin de psychopathologies, sur la page de l'alcoolisme. Il était fortement entendu, du fait de la présence très importante de l'unité d'enseignement de cancéro, que le sujet tomberait sur un cas de psy. Ce fut le cas, et sur l'alcoolisme en plus.

Un patient hospitalisé d'office (il y a un nouveau terme pour ça), qui s'est battu dans un bar. Alcoolisé, il a été accueilli par l'interne, avec qui ça s'est pas très très bien passé, ne s'est pas alimenté, a commencé à faire un pré-délirium tremens... La chose amusante, outre le fait très agréable que le partiel soit fait d'un multiquestionnaire, et non d'un QCM universitaire, était que les questions n'étaient pas toutes centrées sur les notions de 3e année, mais aussi sur celles de 1ere, même si cela rentrait dans une prise en charge globale à chaque fois.En tout cas j'ai pu coller une pathologie possible dans ce trouble, qui finissait vraiment bien l'ensemble : L'encéphalopathie de Wernicke (ou de Gayet-Wernicke) c'était en effet une probabilité en cas de carence en vitamines. Une des justifications de leur prescription était alors toute trouvée.

Une question en plein milieu de l'épreuve à demandé un effort de grattage impressionnant, presque trois pages, tant les données à fournir étaient nombreuses. Si ça se trouve, cette question était sur 3 points. Rigolez pas, en traumato on a déja eu 10 définitions à 0.1 point l'une.

Et le temps passait tellement vite (avec les décomptes à la Masterchef "Il vous reste trente minutes"), qu'il a fallu faire des choix. Compléter les réponses ou attaquer une question qui restait vierge ? J'ai préféré la première solution, tant pis. L'important n'est il pas d'être satisfait de ce que l'on a produit ? C'est mon cas et je me dis que demain je serai certainement moins fier (éval des processus tumoraux et éval de pharmacologie) de ce que j'ai fait.

En sortant on nous a gentiment donné un document pour le Travail de Fin d'Etudes, pour bien nous rappeller que derrière la joie et l'allégresse des épreuves, il y en a une autre qui nous attend pour dans pas longtemps, en plus.

Malgré cette grimace que j'ai pu faire en prenant le papier, il était un autre rendez-vous, quasi-rituel, auquel il fallait que je me rende : le rendez-vous pédagogique. C'est un moment où l'étudiant est en tête à tête avec sa formatrice et peut parler de ses ressentis, ses questionnements, par rapport à la formation. En avance sur l'horaire normalement inscrite sur le planning, mais avec la tête bourrée de deux heures trente de partiels et la moitié d'une 'tite bouteille de volvic framboise dans mon estomac glougloutant, ce fut un moment assez calme et agréable, où l'on a même pu dériver sur une discussion sur quelques découvertes neurologiques actuelles. On n'a pas pu prendre le thé et les petits gâteaux, ça aurait fait désordre, mais c'était très agréable, comme d'habitude.

Ne reste plus qu'à prendre le tram, avec une personne empestant l'urine à quelques sièges de là, une autre qui regarde dehors en compressant le plus possible son nez sur la vitre, et un petit enfant qui ouvre de grands yeux dès que la voix de la "dame du tram" annonce d'une manière très "france télécom" le nom d'un arrêt. Pour ces gens, une journée normale s'est écoulée, ou pas, mais on ne le sait pas. Pour nous, elle a été spéciale à plus d'un titre : c'était la deuxième vague de partiels de ce semestre, le commencement de nos derniers partiels de la formation, mais aussi une délivrance supplémentaire, qui nous fait perdre un peu de crainte quant aux prochaines évals. Je compte sur quelqu'un pour me le dire quand je tournerais en rond, affolé, en me demandant demain après midi si j'ai bien répondu. Bon courage à tous et toutes.

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22 janvier 2012

1 an, déjà, que tu es partie...

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Ce matin en me réveillant, l’esprit n’était pas à la petite sauterie neuronale des révisions, ni encore moins à un enroulage dans la robe de chambre avec un chocolat chaud. Non, ce matin, l’esprit était au souvenir.

Il y a 365 jours je recevais un coup de fil qui m’avait transpercé, j’avais comme brisé un des petits rouages de mon petit intellect, ceux qui te délimitent entre le monde des adultes et le monde des enfants. La violence était telle que j’en ai pleuré, je m’étais demandé si il ne s’agissait pas d’une illusion, mais non, j’avais bien perdu ma mère, d’une sale maladie, que je suis en train de voir en ce moment en cours.  (voir article 22 janvier 2011)

Qu’en est-il un an après ? J’ai toujours ce sale goût d’inachevé dans la bouche, j’ai sa photo au coin du bureau, des souvenirs plein la tête, de la douleur dans le cœur. Sans elle (et d’autres), je ne serai pas en institut de formation pour devenir infirmier. Je ne parlerai pas anglais. Je ne serai jamais allé sur un PC, sur internet. Lire et écrire auraient été des corvées.

En ces temps de conflits mondiaux, on se demande certainement dans les états majors, comment affaiblir l’ennemi, comment le faire souffrir, comment ratiboiser toute envie pour lui de se battre ? Ben enlevez-lui un être cher. D’un côté, la violence de cette perte m’a fait tellement de mal que j’ai failli en devenir irresponsable. Je voulais arrêter la formation, peut-être même arrêter mes rêves. Et puis, en quelques mois, j’ai pris petit à petit conscience que ce n’était pas ce qu’elle voudrait que je fasse. Alors avec l’aide de plusieurs personnes,  j’ai remonté doucement la pente. Elle était glissante cette là, mais il ne fallait surtout pas choir au risque de s’empaler sur des pics en contrebas.

J’en ai passé des nuits à pleurer, des jours de stage où je me demandais quelle était mon utilité, des cours où je ne comprenais plus rien, des moments en société où je soupirais dès que je voyais quelqu’un heureux. Mais je suis remonté. A moitié écharpé, mais je suis remonté. Le temps est passé très vite. Après avoir presque fichu en l’air ma seconde année de formation, je me suis douloureusement hissé dans la troisième grâce au joker d’été, puis depuis je trace ma petite route tranquillement, comme à mon habitude, sans faire de vagues.

Mais il y a des choses qui changent. Des moments où quand quelqu’un me manque de respect, dans la rue par exemple, je n’hésite pas à répondre. En stage, je devenais plus professionnel, en globalité, je deviens un poil plus sociable, même si je ne garde ma réelle amitié qu’aux gens qui en ont une réelle utilité.

Pourtant tout reste identique. Elle me disait de profiter de la vie, de ne pas savoir de quoi elle serait faite. Alors qu’elle était assaillie de douleurs abdominales, atteinte de vomissements, et d’une asthénie (fatigue) extrême, l’air affaibli mais toujours souriante, elle me poussait à aller de l’avant, à continuer de faire ce que j’aimais, ce qui me portait dans la vie.

J’ai à moitié failli à cette tâche. Ce cancer de l’œsophage l’avait rendue infiniment vaillante et différente, au niveau du caractère mais aussi au niveau de l’esprit. C’était une sorte de mère divine, qui prévoyait tout, qui même avec la chappe de plomb qui lui tombait dessus tous les jours, allait de l’avant, du moins devant moi. Elle serait certainement furieuse de certaines de mes actions aujourd’hui, mais pourtant toujours compréhensive. Qui peut dire ce qu’elle ferait aujourd’hui ? Les cinq années d’espérance de vie se sont réduites à un peu moins de trois cents jours, la rapidité nous a tous cloué le bec, pourtant sa parole est et sera toujours d’actualité.

Aujourd’hui, quand j’étudie avec « joie et enthousiasme » (modérés) les cancers, dans l’unité d’enseignement 2.9 (processus tumoraux),  j’ai à chaque fois cette lâcheté de me dire : ben heureusement que je n’ai pas eu ces connaissances avant. Parce qu’elles n’auraient que validé mon « diagnostic » que j’ai pu faire quand je l’avais vue pour la dernière fois à Noël dernier. Je répondais par des « oui oui » vides de sens, uniquement rassurants pour elle, et aussi un peu pour moi. Pourtant je savais que l’issue mortelle était proche…

Depuis que l’on étudie également les traitements, je vois aussi ces grands sacs de pilules, ces médicaments annexes pour contrer les effets indésirables/secondaires des différents autres produits, la chambre implantable, la douleur… Les pots de rillettes, seul aliment qui « passait », n’ont pas suffi à endiguer sa perte de poids fulgurante, l’avancée des métastases hépatiques et cérébrales…

C’est pour ça que je aussi gnan gnan, aussi agréable avec les gens que j’apprécie, aussi attentif aux besoins de chacun. Parce que je sais que cet état de relative homéostasie n’est qu’illusion, et que tôt ou tard, on va tous partir en vrille, que ce soit de vieillesse ou non. Autant alors garder de bonnes relations, et éviter de penser au pire de suite.

Je sais que jamais je ne pourrais être un aussi bon parent qu’elle (ni que mon père). Un papa gâteau et attentif à la limite, mais pas un de ces pères modernes, non. Quelqu’un qui se soucie trop de ses enfants pour les laisser vivre. Mais quelqu’un qui les aime, en tout cas, bien plus que certains. Mais en tout cas sans elle, tout serait différent. Peut-être que tout va continuer à changer durant les prochaines années ? Ou est-ce que cela va continuer à chaque changement de situation à être un grand mic mac sans nom ? L’avenir nous le dira, en attendant, je peux vous dire une chose, je serai prêt à donner tout ce que j’ai pour revenir dans le temps, et la serrer encore quelques minutes dans mes bras. Parce que son absence est un vrai coup de poignard au cœur, tous les jours. Et je me trouve bête, de l’avoir laissée partir, à sa chimiothérapie, ce jour là, avec juste une embrassade et un « à la prochaine, prends soin de toi ». Couillon va, tu savais.

J’espère en tout cas qu’elle n’a pas changé d’endroit, qu’elle est toujours dans un lieu paisible, pourquoi pas enneigé en hiver ? Et que sur cette étendue blanche, elle ne voit que la pureté, celle qui fait tant défaut chez nous, ici bas. J’espère qu’elle n’a pas de contraintes, pas de soucis, qu’elle peut enfin vivre l’existence paradisiaque qu’elle mérite. Et qu’entre deux regards sur cette Terre, elle puisse voir ses proches, et nous soutenir. Elle doit quand même en voir des choses de là haut…

Et si elle souhaitait que je profite de la vie, de cette vie, encore faudrait-il pour cela que je ne sois pas plongé dans les bouquins… Qu’elle va être douce, la fin de semaine prochaine ! En attendant, continue de veiller sur moi et sur les autres, comme tu le faisais et le fais si bien. Un an c’est long et très rapide à la fois, mais cela reste tout de même un évènement important. Parce que même si on est aujourd’hui séparés, rien ne remplace ce lien si spécial que l’on a encore, j’en suis certain. Et puis au risque de me répéter : je t’aime maman.

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17 janvier 2012

Partiellax, et à tes partiels, t'assures un max !

Alors que les commandes de Partiellax à la pharmacie de Pellegrin explosent (vitamine C, magnésium, guronzan, glucose et caféine en un comprimé prêt à ingurgiter), les petits zétudiants bientôt piqueurs en série dans les services se frappent en chœur la tête sur leurs bureaux. N’y voyez pas de stratégie pour une quelconque parade amoureuse en vue d’une reproduction printanière, c’est plutôt des partiels qu’il s’agit.

Car oui, les voilà, ces empêcheurs de vivre, ces horreurs ambulantes. Amoureusement préparés par l’IFSI ou l’université de Bordeaux 2, ils contiendront un concentré de joie pure que l’on se prendra à travers la figure dans une joie non dissimulée dès lundi après midi. Au programme, de la cancérologie, de la psychiatrie, des calculs de doses…

C’est aussi la stratégie de « oui, j’ai fait un planning ». Un peu comme des collègues de médecine, fraîchement passés en deuxième année, et qui ont savouré leur dur labeur (certes éreintant), en enchaînant les variations de leur taux d’alcool dans le sang. Résultat, quelques temps avant les partiels…il leur a fallu ingurgiter des polycopiés par forêts entières pour réussir. C’est un peu le cas de tout le monde ici. Il y a eu les prévoyants, et ensuite ceux qui pour une raison x ou y, ont un peu beaucoup repoussé l’échéance. On se retrouve avec des réponses flottantes dans le cerveau, ou qui restent sur le bout de la langue.

Pourtant, où qu’elles soient, il va falloir les en sortir. En effet, dans le petit monde de l’amusante réforme, ce semestre sonnera forcément le glas de quelques étudiant(e)s. Peut-être en ferais-je partie. La moindre erreur dans les rattrapages et c’est un « prolongement de formation ». Vague, tout ça, mais on voit quand même clairement l’évidence, le diplôme en juillet, faudra pas y penser !

Mais l’étudiant infirmier d’aujourd’hui est un warrior, il encaisse tout, d’un bloc, en gonflant ses biceps et en s’esclaffant de chaque rajout surprise de travail qui lui est demandé. Et encore, il pourrait se lever et fiche le camp. Adieu Unités d’Enseignement Optionnelles, elles sont maintenant choisies par le corps enseignant. En voyant il y a quelques temps des étudiants de Perrens venir passer cette partie de l’enseignement à l’IFSI, j’avais pu leur parler, ils étaient heureux de faire quelque chose qui leur plaisait… Je trouve ça dommage. Il faudra par contre prendre le bus pour aller à Pessac pour voir un forum à l’hôpital Xavier Arnozan, pour voir les possibilités d’emploi, les milieux infirmiers représentés au CHU. Pourquoi pas, même si je ne sais pas trop encore où je vais postuler après. Mais pourquoi le rendre obligatoire ? Certains y voient un genre d’engagement forcé, d’autres sont heureux d’aller y déposer leur CV de presque futur si tout va bien diplômés.

Heureusement nous disposons de TD d’hypnose, relaxation, massage et réflexologie plantaire. Des choses intéressantes, qui auraient pu être pratiquées un peu plus loin dans la formation, pas quelques jours avant les partiels. C’est le meilleur moment de ramasser des étudiants bavants à même le lino après un assoupissement momentané. Et en plus, l’hypnose ne nous permettra même pas d’obtenir les sujets d’éval en avance…

Enfin bref, ça couine pas mal dans les couloirs. De bonheur, de malheur, ou de neutralité propre à qui souhaite juste finir la formation. Mais surtout de fatigue. On finit juste de poser le papier peint dans la réforme, les premières années ont achevé de creuser la piscine dans le jardin, il faut maintenant que l’on arrive à poser un beau parquet avant de devenir infirmiers. Ce n’est pas faute d’avoir le dos en compote et les doigts en miettes après trois ans. On est des warriors je vous dis, après on pourra attaquer médecine les bras dans le dos, les yeux bandés, avec du Justin Bieber à fond dans les esgourdes.

C’est des aventures comme on n’en vit pas deux fois dans sa vie, et pourtant il faudrait que ce genre de choses soit proposé à plus de monde. Parce qu’avec les 1400 euros en début de carrière, à se lever et se coucher à pas d’heure, courir partout, et se manger l’indécence de certains dirigeants de service, il y a quand même une gloire, à faire ce métier. Ce métier que l’on a choisi, pour lequel on s’est battus, contre des milliers d’autres, pour le concours. Des cenatines d’heures à potasser des choses obscures comme l’économie de la santé ou des textes de psycho rédigés par des psychos, des pathologies à quinze consonnes. Et vous savez quoi, j’en suis fier. Je vais sûrement être diplômé, parce que j’ai cette envie, d’aider les gens, de les soigner. J’ai encore la flamme dans mon travail. J’ai vu que j’en étais capable, on me l’a dit, je l’ai ressenti, je le sais.

Alors amenez-vous, partiels pourris, que l’on vous dézingue, on va vous montrer ce que c’est que des étudiants dignes de cette profession !

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12 janvier 2012

Et trois nuits qui nous font 350 heures...

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Je me faisais la représentation du milieu paramédical nocturne comme d'un petit cocon silencieux où le travail était bien différent de celui de la journée. J'avais tort.

Après trois nuits, le sentiment "de quelqu'un qui est d'habitude de journée" a bien changé. Premièrement, le décalage. Se lever quand les autres vont se coucher, et inversement, est très usant. On a constamment l'impression d'avoir respiré à pleins poumons une assiette de compote tant on est alourdi par ce sommeil forcé. Car oui, on ne dort plus pour récupérer physiologiquement, mais parce "qu'il le faut". Le niveau de sensation est aussi fun que lorsque l'on est grippé.

L'activité en elle même est bien évidemment beaucoup moins intensive que la journée, même si elle est quelques fois prenante. Il faut relever les glycémies, préparer quelques boîtes de médicaments, réequilibrer les éventuelles hypoglycémies...mais aussi prendre la galette de nuit avec la chef, faire des frichtis en pleine nuit, petit déjeuner à l'aube...

L'ambiance est aussi étouffante. Autant chez soi, on peut se faire une nuit tranquille, avec petite musique, lumière adaptée, etc, autant ici c'est plus néon super bright qui fait convulser la rétine, couloirs noirs foncés où le moindre bruit ou passage d'ombre te fait sursauter, visites surprises de personnes d'autre services, souvent en passant la tête près de la porte sans prévenir, sonnettes de chambre...

Dehors, évidemment il fait très sombre, et cela accroît le sentiment d'isolement ressenti. Le temps de travail, de 7 h 30 en journée, passe en 9 h 30, ce qui se ressent aussi, on a plus de plaisir à quitter les lieux une fois le travail achevé, c'est une vérité.

Mais c'est agréable de changer, de ce rythme prise de sang/médicaments/atelier/repas...à une préparation au sommeil, un rituel calibré pour les contrôles glycémiques... Un rythme plus doux qui ne doit pas bien sûr faire oublier les responsabilités.

Ca permet aussi de faire la connaissance de nouvelles personnes, dont la cadre de nuit, très sympathique, qui ne croyait pas en ma capacité pour tenir jusqu'à la troisième nuit. Mais c'est pas grave, j'ai eu la fève pendant la dégustation de galette :p

Le pic le plus difficile à passer est celui des 2 h/2 h 30, heure éventuellement propice pour moi à un coucher de quelques heures. Les yeux clignotent, et les frissons arrivent. Mais passé 3 h 00, aucun souci, c'est reparti comme en 40. Le temps passe alors très vite jusqu'à l'arrivée de l'équipe de matin, à 6 h 40. Et c'est comme dit plus haut un petit plaisir de se dire que la nuit est terminée. Voir débarquer les collègues toutes fraîches écoutant avec délectation/horreur (rayer la ou les mentions inutiles :p) les péripéties de la nuit, avant de prendre en charge les patients. On passe de l'autre côté, et c'est très intéressant.

Puis c'est le retour à la normale, les matins brumeux et humides de Pessac, où le vent te fouette, avec souvent la petite bruine qui va bien, le bus plein de petits écoliers, de costumes cravates, de lycéen(e)s embrumé(e)s allant travailler. Voir le lever de soleil cours de l'intendance a quelque chose de magique. Quand les rayons UV se confrontent au brouillard givrant, très casse pieds à l'aube, la lutte est très agréable à regarder. Dommage qu'il faille ensuite clore les volets, pour occulter toute perturbation du sommeil, mais qui sait, alors que les soldes défient la foule - et la crise par la même occasion, peut-être que le revoir dès demain sera une joie incommensurable. N'en déplaise aux patients des cabinets  médicaux situés sur mon palier qui prennent plaisir à hurler au téléphone dans la cage d'escalier, à se jeter dans l'escalier, où à jouer à "c'est moi qui vais dégonder la porte du toubib en la claquant plus fort que toi".

En tout cas encore un très très très grand merci à toute l'équipe de ce service, qui a fait de ses dix semaines, tant redoutées au départ, un vrai et beau stage. C'est vraiment avec le coeur chagrin que j'ai retiré mon nom du casier ce matin, après l'avoir vidé. Que vous soyez, infirmières, cadres, kinés, diet, préparatrice en activités physiques adaptées, externes en pharma ou médecine, interne, chef de clinique, chef de clinique assistante, aide soignante, ASH, podologue, ou même stagiaire infirmière :)...tout à été parfait et c'est vraiment à regret que je pars, pour une fois, d'un stage. Bonne continuation à vous, bons départs à la retraite pour plusieurs membres de l'équipe aussi, et continuez à donner envie à nombre d'étudiants à aller bosser dans des secteurs aussi méconnus que le vôtre. 

Et merci aussi à mme la lune, avec qui bosser ces trois nuits à été très spécial.

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07 janvier 2012

Toi même tu sais...

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Quasi fin du stage de dix semaines en diabéto/nutrition/endocrino. Plus que trois nuits. Mais un bilan de stage déjà bouclé par la cadre qui après consultation avec son équipe n'a fait que conforter ce que j'essaye de faire passer depuis très longtemps comme un comportement naturel envers mes patients.

Mis à part la timidité qui est et restera encore un semestre dans les "axes d'amélioration" (ou façon détournée de dire "points négatifs" vous savez faut pas nous choquer), le reste est concluant. Tout ce que j'ai pu faire pour apprécier ce stage et l'explorer a été remarqué (recherches, exploitation des techniques utilisées par l'équipe...). C'est une très bonne surprise, pareil que quand j'entends l'ensemble du personnel ne dire QUE des choses utiles, pour progresser, et non des cancans que l'on peut ouïr au détour d'une discussion de couloir. 7ème stage, première vraie bonne ambiance de travail, où pour la première fois j'ai pu bosser en étant détendu et non pas coincé, même après parfois une heure de bus.

Quand la cadre m'a posé la fameuse question (que l'on est censés entendre en 3e année, celle qui sent bon) : "Vous savez ce que vous allez faire plus tard ?" La réponse aurait pu être toute trouvée, mais la spécialité du stage n'est pas ma tasse de thé, je ne me suis pas avancé. J'aime pourtant le côté technique et relationnel des choses, mais pas dans cette catégorie de personnes soignées.

En parlant de ces personnes, à part pour leur indiquer la direction pour aller aux examens (c'est pas compliqué, rez-de-chaussé ! REZ-DE-CHAUSSE !) je n'ai pas eu de problème. La plupart du temps ces patients étaient déjà décontenancés par leur prise en charge, dans le sens où ils ne s'attendaient pas à voir autant de monde (psychologues, diététiciennes, médecins, kinésithérapeutes) "juste pour leur surcharge".

Le fait de se dire, alors que je papotais avec un externe de je ne sais plus quel service, que le bond en avant était extraordinaire depuis quelques mois. En fin de deuxième année, je me mordais les joues pour être sûr de passer en troisième année, en essayant de ne pas paraître trop nul, au cinquième semestre de la formation, alors qu'il ne reste que six mois de formation, je suis déjà en train de me replacer correctement dans la chronologie des choses. J'ai pris mon secteur - certes maladroitement, comme on me l'a fait comprendre - mais je l'ai fait, j'en ai assuré les soins, j'essayais d'être un petit maillon cohérent de l'équipe.

Le bilan n'aurait pas été mauvais de toutes façons, mais il aurait pu être pire. Je suis arrivé dans une équipe très soudée, un service en restructuration, des nouveautées thérapeutiques à la pelle, et un largage total au niveau de mes connaissances en endocrinologie et troubles du métabolisme avancés. Ben j'aimerais retourner au début, quand j'ai vu mon nom sur le tableau d'affichage des stages. Plutôt que de râler une nouvelle fois, je me serais plutôt réjoui. C'était une bonne chose de partir là bas. Reste à voir si les nuits sont aussi formatives, apparement non mais il ne faut pas juger avant d'avoir vu, ça c'est sûr.

Un grand merci à toute l'équipe de ce service, même à ceux avec qui je n'ai pas trop eu l'occasion de parler. Quand la future professeur du service te dit "monsieur" et te souhaite "bonne continuation", tu te rends compte que t'es pas un de ces énièmes étudiants qui servent d'habitude de paillassons. Quand la chef de service vient te voir toi plutôt qu'une diplômée pour avoir un renseignement, c'est une marque de confiance. Quand on t'inclut dans les staffs et autres délibérations, c'est enrichissant.

Ne reste plus que quinze semaines de stage séparées en 5 et 10, pour jauger de notre future utilité dans ce monde tout de blanc vêtu. En espérant que l'accueil soit aussi cordial que compréhensif, car les gestes techniques ne seront peut-être pas tous corrects, mais au fond, on est encore étudiants !

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01 janvier 2012

8 bonnes ? résolutions

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2012 sera une année faste pour les vendeurs de bunkers et d'abris anti atomique. En attendant de tous être rayés de la surface du globe, et de rejoindre ceux qui n'ont pas eu le temps de terminer leur calendrier à temps, 300 000 français se sont collés-serré sur les Champs Elysées hier soir pour dire au revoir à 2011. D'autres, peut-être plus prévoyants sur le confort, ont prévu de faire ça en plus petit comité. Chacun son truc. Malgré tout, il reste une tradition que plus de la moitié de la population effectue tous les ans, c'est d'établir une liste de bonnes résolutions. Voilà les miennes.

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Celle là date de 2011.  Ou même d'avant. Personnellement je trouve que dormir est une perte de temps. D'une part cela m'effraie. je fais toujours des rêves complètement irréalistes et souvent terrifiants, d'autre part si je ne dors pas assez je deviens un ours mal léché, j'ai le coeur qui s'emballe et une propension à la petite sieste pile au moment où il ne faut pas. Mais c'est comme ça, je ne peux dormir correctement. Si vous ajoutez à ça le bruit du centre ville bordelais, c'est le ponpon. A revoir en 2012, peut être quant tous les soucis seront écartés.

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Parce que oui, zut quoi à la fin, le final de cette formation n'a jamais été aussi proche...et loin à la fois. D'ici juillet il peut encore se passer des choses, mais c'est en tout cas LE point à espérer pour cette année. Je pense qu'un échec juste avant la ligne blanche sera catastrophique, surtout pour un petit quelque chose qui a chafouiné un formateur, comme le Travail de Fin d'Etudes, que nous avons tous potassé durant les vacances "tousse".

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En parlant de ce T.F.E. il serait bon, comme je me le dis chaque année, de le bosser pour ne pas prendre du retard et finir essouflé et pantelant à l'imprimer le dernier week-end avant la date limite. C'est pas par procrastination (bon, si, un peu...) mais à force de trop polir les choses, on les use. Les partiels n'ont pas besoin d'être révisés deux mois durant, mais par petits bouts. On verra tout ça vers le 24 janvier, pour les presque derniers examens de notre vie étudiante.

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Je ne parle pas d'acné. Juste d'un petit quelque chose qui m'a fait réaliser que si je voulais vivre de ma passion, il n'y avait "que" quelques pas à faire et quelques portes à pousser. En ayant (enfin) proposé quelques textes par ci par là, je me suis rendu compte que les petits encouragements n'étaient pas du tout forcés et surtout que les bonnes impressions décrites n'étaient pas exclusivement issues de la cellule familiale. Tout progresse gentiment donc, avant le feu d'artifice ?

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Parce que c'est le plus important non ? Je donne souvent l'impression d'avoir l'état d'esprit d'un grizzly coincé entre deux pots de miel, mais la réalité est autre : je ne sais pas profiter de cette vie, tout bonnement/bêtement. C'est d'ailleurs pour cela que j'aime écrire, pour m'évader.

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Ca me paraît essentiel, après l'obtention du diplôme. Pour l'instant qui sait, dans un an je partirais pour Aix en Provence, retrouver mes racines (j'y ai vécu plus de dix ans), où alors je resterais bordelais (depuis six ans)...que dire de l'étranger, le Québec, la Suisse, l'Australie ? Ou des villes, des régions inconnues comme la Bretagne, Lyon... Prendre ce nouveau départ ce sera tout remettre à plat. Obtenir un logement. Vivre seul, trouver quelqu'un de l'autre sexe qui supportera un type aussi bizarre que moi ; ça doit forcément exister :p. Respirer à pleins poumons le matin et être heureux d'aller bosser, faire des projets, ne pas y aller à reculons. C'est ça que je veux pour 2012.

C'est un peu comme faire du sport après le nouvel an. On en fait parce que la voisine en fait, et on finit par arrêter. Je veux me lancer, et ne plus avoir à regretter. Se dire que même si CERTAINES tutrices dans CERTAINS stages sont pas du tout pédagogues, ce ne sera pas notre problème, car nous serons plus proches des étudiant(e)s...

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C'est un domaine où je me fais aussi beaucoup trop piéger également. Arrêter de répondre dans les dîners à des questions ambigües ne cherchant qu'à fiche le bordel dans une bonne ambiance. On votera pour qui on veut en 2012, c'est pour ça qu'il y a des cabanes qu'on appelle isoloirs, pour que le votre reste se-cret ! Sincèrement c'est le seul sujet qui met autant de mauvaise ambiance partout, surtout depuis le lancement des primaires, campagnes des candidats, sondages, enquêtes, hors séries dans la presse... On en bouffe plus que de la vraie nourriture, et on devrait certainement faire ceinture ! Mais voter quand même.

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Oui, je suis moi même, je suis pas spécialement côtoyable dans les codes de notre société pré-mâchée et pré-conçue. Surtout quand on ne me connaît pas ou que l'on ne le souhaite/veut pas. Je sais, c'est bête, mais c'est comme ça. Changer pour un but, oui, changer pour changer, non. Peut-être est-ce illusoire dans ce monde, mais qu'importe, je sais que c'est possible.

 

Il faudra patienter jusqu'en décembre pour savoir si tout ça à été maintenu et appliqué. En attendant je vous souhaite, à vous, vos proches et vos amis une excellente année 2012, qui je l'espère vous comblera de bonheur. Restez chouettes, intègres, profitez de cette vie que je laisse filer. Certains sont faits pour faire de grandes choses, j'espère que vous en serez !

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24 décembre 2011

Qu'est-ce qui est rouge, obèse et qui porte une barbe blanche ?

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A l'heure qu'il est, les estomacs se remplissent de mets délicats, les petites mains se sont peut-être déjà déchaînées sur des paquets cadeaux tellement bien faits que l'on n'arrive jamais à ôter ce fichu scotch qui bloque l'accès au présent, et vous êtes déjà un peu pompettes. Tant pis, c'est Noël.

En espérant que les platanes et les piles de pont ne récoltent pas leurs premiers polytraumatisés, engoncés dans une tôle broyée par la cinétique du choc, il est temps de se délecter de ces mets si agréables et savoureux, que l'on n'a que rarement l'occasion de picorer. Le foie gras par exemple, les crevettes avec toujours beaucoup de mayonnaise - maison évidemment, qui quand elles explosent lorsque l'on les décortique déclenchent toujours des fous rires. On notera d'ailleurs qu'il existe deux écoles, ceux qui décortiquent tout avant de manger et ceux qui mangent au fur et à mesure...la bûche, avec ses petits bonhommes que l'on cherche à collectionner, la petite décoration en chocolat que l'on attribue souvent aux plus jeunes, le plateau de fromages, avec toujours trop de choix...

J'ai ce soir une pensée toute particulière quelques anciens patients du stage que j'effectue actuellement, qui sont diabétiques, et pour qui la fête ne sera pas aussi simple à mener, nutritionnellement parlant. Courage !

Et après s'être remplis la panse de manière pantagruélique, de s'être positionnés en mode "jour de fête", en détachant sa ceinture, et en ouvrant son pantalon sur deux boutons, afin d'optimiser la digestion, certains auront droit à la visite du père noël, si attendu durant l'année. J'ai eu pour ma part la visite du père postier ce matin. Il m'a dit, avec son accent du sud si charmant, que le papa noël était "gavé trop occupé et que ça daillait pour moi, mais que je devais me contenter de la poste pour mes cadeaux". Bon, il s'est excusé, c'est déjà ça.

Je soupçonne que mes souhaits n'aient pas été entendus. Mais il a respecté mes goûts et plein de jolis livres iront garnir ma bibliothèque (même si elle était déjà en mode "jour de fête" au niveau du taux de remplissage. Tant pis, on empile, on fera de la place, quitte à enlever les cours de certains endroits.

Puis devant une cheminée ronronnante, nous serons bercés vers un sommeil lourd et bruyant, ou alors partirons dans une fiesta d'enfer avec cotillons en option. "Mais non, les cotillons c'est has been" me souffle t'on. Qu'importe, il restera alors quelques jours de répit avant que ne débarque le plus gros morceau de cette fin d'année, le 31 décembre et son orchestre. Celui là est beaucoup plus massif. Il faudra se dire qu'au 01/01/12 à 00 h 00, nous serons repartis pour 365 jours de folie, 52 semaines d'aventures...le diplôme, pour certain(e)s le mariage, les enfants... C'est aussi beau qu'une étendue de neige immaculée tout ça, il ne reste plus qu'à tracer quelque chose dessus.Si vous êtes un fanatique maya, par contre, ce sera votre dernière année :p

Allez, faites bien la fête, lâchez vous, restez en vie surtout (comptez sur SAM), profitez de vos proches, puissiez-vous être enseveli sous les cadeaux et les belles attentions, et à bientôt. 

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21 décembre 2011

Culturez-vous, on vous le rendra.

J’apprécie Bordeaux, cette ville pour le moins bien dotée, que ce soit en hôpitaux, vaut mieux vu le travail que je me destine à faire, mais aussi en centres commerciaux, en banques, en espaces verts… Bordeaux c’est aussi la culture. Ca, ici, on en bouffe des pleines pelletées. Parfois, leur contenu taquine un peu la glotte et traverse carrément le carrefour oro-pharyngé pour plonger dans les organes respiratoires.

Que voulez-vous ? Trop de bonheur tue le bonheur. C’était ironique. Après un Evento (culture urbaine), proprement étonnant de nullité (il fallait voir comment l’expo a été descendue par la critique, même par Sud Ouest !), une fête du fleuve, et une du vin très différentes de ce qu’il se faisait avant, voici que cette belle ville accepte de faire découvrir à sa population les court métrages. Chouette, c’est souvent de petites merveilles que personne ne peut voir, car ces moments cinématographiques restent souvent cachés sur des disques durs d’amateurs, au lieu d’être révélés au grand jour.

Parce que nous ne sommes pas 100 % à nous émerveiller d’ « Intouchables » parce qu’il y a Omar d’Omar et Fred dedans. Je l’ai vu. Je me dis juste : ouais ben des histoires comme ça j’en ai vu un paquet dans mes stages, et les personnes qui faisaient ça auraient elle aussi mérité un film. Pareil pour « Polisse », film « très dur ». Presque aussi dur que la réalité policière, attendez, non, il ne faut pas en parler, on risquerait à nouveau de stigmatiser une catégorie professionnelle haïe par la plupart des conducteurs français, alors qu’ils ne font que leur travail.

Ils étaient donc une grosse poignée hier, quasiment tous jeunes, la plupart en jean slim et cheich, en train de fumer. Certains portaient un pantalon pour famille nombreuse, un sarrouel. Ils faisaient de grands gestes dans la galerie marchande. Puis ils ont placé un rétroprojecteur sur l’échafaudage en bois qui servira peut-être un jour pour la rénovation de la galerie. Ils ont fait passer des câbles, construit des trucs en bois. Avec une agrafeuse, ils ont tendu une bâche blanche pour faire office d’écran, à deux points de la galerie. Ils s’amusaient tellement que vers 1 h du matin, même si la culture ne dort jamais, comme ils disaient, mon voisin sort la tête de son appartement et leur demande poliment mais fermement d’arrêter leur bordel, « il y en a qui bossent demain ». Grand fou. Bosser durant les vacances de Noël ? Tu n’es pas comme les autres toi. M’attendant à l’habituelle politesse qui aurait amené le jeune en question à lui proposer un coït avec sa mère, il a cependant renoncé et est parti avec ses collègues jean taille basse de la galerie.

Evidemment, ce matin, à 8 h 30 / 9 h, les commerçants de cette même galerie, qui n’étaient pas informés de ce bouillonnement culturo-social se sont interloqués. Quelle est cette structure en bois qui m’interdit le passage à ma boutique ? Pourquoi on a déplacé mon présentoir à dix mètres de là ? Personne ne sait rien et c’est tellement bien organisé qu’au vu de l’état actuel des choses je suis en train de douter de l’efficacité de l’entreprise de ces jeunes gens. Ils prétendent faire tenir 500 personnes dans une galerie marchande qui s’écroule ? Où dès qu’il y tombe une goutte tout le monde est trempé ? N’importe quel possesseur de moyens sonores le sait : on ne peut pas faire de spectacle dans un lieu aussi mal insonorisé, aussi peu sécuritaire au niveau de sa structure !

Mais que voulez-vous, il y a beaucoup de crédits à donner pour la culture, même si et surtout si l’on n’y comprend rien. Alors que des petits chefs d’œuvre comme « Casse Noisette » se jouent à Bordeaux, on a droit à un programme des plus sensuels et des plus appétissants :un film sur un home qui coupe du bois par exemple. Oh oui oh oui chouette chouette. J’attends aussi de voir si les toiles blanches tiendront le coup jusqu’à ce soir où si elles vont choir, être piétinées ou alors taguées, arrachées par les commerçants, las de toutes ces mises en scène.

Quelques mètres plus loin, se tient une sacrosainte expo de dégustation de vignoble, près du Grand Théâtre. Evento a eu les honneurs d’obtenir une représentation sur ses marches, pourquoi pas eux ? Pourquoi pas en salle ? Est-on obligé de se geler les fesses sur un carrelage humide, collé à un maximum de personnes, pour voir des films que l’on ne voit pas ailleurs !

Alors on va me dire, comme d’habitude « c’est un moyen d’expression, il ne faut pas les brimer, tu stigmatises une population qui n’a pas accès à l’expression de ses moyens… » Bien sûr. Expliquez moi alors comment cela se fait que l’on ne fait « que » fiche une gerbe de fleurs devant une plaque rappelant les sans domicile fixes morts dans la rue, près de l’Athénée municipal ? Pourquoi s’acharne t’on a faire dépasser la rocade au tram, alors que le gars qui doit aller bosser le matin doit se taper un bus toutes les demies heures, qui ne dessert même pas son travail ? Pourquoi les expos et fêtes deviennent aussi nombreuses ? Les crédits pour ça sont ils pris par une culture qui parfois en fait trop pour être originale ou provocatrice ?

Il y a une différence entre les cultures : comme une expo de Rodin, ou un gars en justaucorps qui se roule par terre en lançant au hasard des mots en latin. La première disparaît, les jeunes ne savent même plus ce qu’est une muse de nos jours. Non, pas le groupe de musique. Aujourd’hui l’art est aussi symbolique qu’une danse de rue, ou un tag sur un monument pourtant historique. On se fout de savoir ce que c’est, ce que ça veut dire ou pourquoi c’est fait, on se dit juste dans l’élan populaire qui apprécie tout ce que son voisin aime, comme une éponge, « ouah c’est génial ». L’Iphone est devenu culturel. Personne n’avait les moyens d’en avoir un. Tout le monde ou presque en a un maintenant. Faire ses courses à Auchan un samedi après midi « quand il y a personne » ce n’est pas culturel par contre, c’est stupide.

Et ne parlons pas de tout cet élan une nouvelle fois de la population, dicté par les savantes têtes pensantes intellecto-élitistes de notre pool culture en France. Des films fouillant notre passé, pour bien mettre le doigt sur des réalités que le spectateur va voir, subir ou se forcer à voir pendant 1 h 30, les bras croisés, peut-être une larme à l’œil en se répétant que c’est dégueulasse ce que l’on a pu faire… S’en suivra de longues discussions mondaines mais rien de bien concret.

C’est typiquement la voie que prend Bordeaux. On impose, on ne propose plus. Que l’on fiche un crocodile en ferraille de dix mètres de haut dans un bassin municipal ou des ferrailles tordues sur un grand cours de la ville OK. Mais que l’on force des gens, qui ont pourtant des idées à faire passer, à se produire dans des lieux aussi inadaptés « pour leur faire plaisir histoire qu’ils arrêtent de nous emmerder après », c’est une honte. J’attends de voir la prochaine manifestation dans des places nobles bordelaises, où seuls s’épancheront les connaisseurs, ceux qui passent leurs journées à écumer les grands théâtres. Tant pis pour les autres, ils pourront toujours aller se les geler par terre sur un carrelage d’une galerie galeuse, comme des gentils petits moutons culturels, qui n’attendent qu’une chose : que l’on les divertisse avant l’abattoir qu’est leur journée de travail du demain.  

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18 décembre 2011

Petit papa noël...

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Après huit semaines pleines de stress, de réveils estropiés, de courses pour prendre un bus trop tôt, de repas réchauffés dans un micro-ondes du service, de fatigue et parfois de commentaires bien peu sympathiques quant à notre matière de travailler, c'est enfin quelque chose que l'on a que trop longtemps désiré...les vacances de noël.

Même si l'hiver n'est pas encore là (il ne fait que 9 degrés par exemple ce matin à Bordeaux), rien que le fait de pouvoir faire un break est quelque chose de très satisfaisant. Surtout quand on se fait charrier par de nouveaux diplômés et qu'ils travaillent actuellement. Pourtant je n'aurais pas dit non à travailler encore deux semaines, boucler le stage puis avoir ces vacances. Histoire de tout boucler d'un coup, et de pouvoir bien s'attendre aux partiels de la rentrée à l'IFSI.

En attendant cette funeste issue, c'est le moment donc de pouvoir enfin s'accorder des petits déjs un peu plus longs, sans stress ni regard en coin à l'heure sur le mur, c'est le moment de se dire "pas de blouse informe ce matin" ou alors de se poser devant un film et de trouver le sujet intéressant, de pouvoir le continuer en s'affalant de plus en plus comme une loutre.

Bientôt, papa noël viendra secouer les rênes de son traîneau, avant de passer dans les cheminées des enfants sages pour distribuer de jolis joujoux. La tendance pour les enfants de 10-13 ans n'est plus le nounours ou les jouets en bois mais l'Iphone ou un ordinateur, mais la fête reste la même. Pas pour tout le monde, difficile pour certains d'atteindre le budget "moyen" prévu pour les fêtes par les agences de statistiques. 606 € en moyenne donc, pour fêter l'arrivée du barbu. Soit 1 % et des bananes de plus que l'année dernière. Un conseil, profitez en bien, de cette fête, au vu de tout ce que l'on entend...

Ma petite liste a été envoyée depuis bien longtemps au centre de tri postal d'Angoulême, qui sert de base postale à ce cher obèse écarlate : "Cher papa noël, pour cette année, j'ai été très sage. Même si j'ai mangé beaucoup de chocolats, et été un peu trop feignant pour certaines choses. Pour Noël, j'aimerais que tu m'apportes pour moi et mes proches une relative sécurité tant financière que physique, dans ce monde où les cancers sont repassés en première position des maladies les plus meurtrières en France, devant les maladies cardio-vasculaires, ou dans ces rues mal fâmées où le fait de marcher sur un trottoir te vaut une engueulade avec un cycliste qui estime que tu n'as rien à foutre ici, à cette politesse complètement inexistante dans ce monde, où violer et tuer n'aboutit jamais à une peine trop lourde, aux dizaines de personnes me traitant de connard, raciste, enculé, salaud, pauvre con, abruti, inutile, quand je ne souhaite pas leur donner l'argent qu'ils demandent en pleine rue, ou quand ils souhaitent te parler d'une association mais que tu n'as pas le temps.

Il faudrait aussi que tu règles un bon coup toutes ces histoires économiques dans le monde. Non pas que ça me dérange, on se doute bien que ça va mal finir un jour ou un autre, mais au moins pour que le monde "tienne" jusqu'à la fin du monde, le 21/12/12 prochain. J'apprécierais aussi que tu offres une calculette aux dirigeants russes, pour qu'ils arrêtent de croire que leur total de votants avoisine les 140 %...

Tu veilleras aussi à éviter encore une fois, même si cela à déjà commencé, ces débats stériles entre politiciens, avec des affaires sordides, des procès médiatisés, des pages et des pages de journaux noircies, pour à chaque fois s'engueuler en famille sur des points de vue divergeants. Mettez nous un bon coup de Papa Schultz à la télé, comme le fait Direct 8 tous les jours, ce sera très bien. Et tout aussi intellectuel.

Non, tout ce que je pourrais sérieusement te demander, c'est un truc qui tient en deux lettres, un DE. Un diplôme d'état. Comme ça je travaillerais selon mes petites méthodes approuvées par mes pairs, sans me stresser d'être jugé à la fin. Je gagnerais ma vie (si nous ne sommes pas tous ponctionnés d'ici là), et ne quémanderais plus les bourses...et surtout, fini le salaire à 0.66 centimes de l'heure ! Youpi banane quoi !

Enfin, l'année dernière je t'avais demandé une bonne et heureuse année, et on a vu le résultat désastreux qui s'en est suivi, ne serait-ce que début janvier... Je sais que ce n'est pas toi qui règle ce genre de choses mais j'ai encore besoin de certaines personnes sur Terre, merci de transmettre à qui de droit pour éviter ce genre d'horreurs.

En attendant, merci pour tout l'espoir que tu incarnes, même si t'es affilié à une firme de soda peut-être cancérigène. Il faut bien ça pour nourrir tes rennes et graisser les patins de ton traîneau. En tout cas le 25 fais bien attention, ma cheminée est condamnée (et pleine de saletées), donc si tu viens, sonne et je t'ouvre. Pour faire dans la tradition, je planquerais la rituelle assiette de cookies et le verre de lait près des boîtes aux lettres, tu n'auras qu'à te servir, si un de mes voisins éméché n'a pas tout grignoté avant.

Parce que même si tu es plus dans nos esprits et nos coeurs que là haut dans le ciel, j'aime à croire que tu existes, que quelqu'un pouvant amener un peu de joie existe. Alors continue à nous faire rêver et à recouvrir ce monde par la douceur blanche de la neige, et des cadeaux, on en a grand besoin ici bas."

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